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Coupe du Monde 2026

Marine Johannès, l’impact d’une titulaire en sortie de banc

Elle n’est pas dans le cinq de départ, mais elle est déjà l’une des joueuses qui pèsent le plus sur le jeu français. Depuis le début de la Coupe du Monde, Marine Johannès s’est installée dans un rôle de sixième joueuse qu’elle connaît désormais parfaitement. Une fonction qui dépasse largement sa production statistique : par sa menace de tir, sa capacité à créer du mouvement et les décalages qu’elle provoque, elle change régulièrement le visage de l’équipe de France dès son entrée.

EuroStep_FR•8 septembre 2026
Marine Johannès, l’impact d’une titulaire en sortie de banc
Crédit photo : FIBA

Une constante depuis le début du Mondial

Trois matchs de phase de groupes, trois victoires françaises et, à chaque fois, un constat assez similaire autour de Marine Johannès. Elle ne débute pas les rencontres, mais son entrée correspond régulièrement à un changement de rythme dans le jeu des Bleues.

Cela s’était déjà vu face à la Hongrie. Après trois premières minutes durant lesquelles la France avait eu du mal à véritablement lancer son attaque, l’entrée de Johannès avait contribué à libérer les Bleues. Le ballon avait commencé à mieux circuler, la France avait trouvé davantage de rythme et avait rapidement pris le contrôle du match. Johannès avait terminé avec 17 points en 19 minutes, meilleure marqueuse de la rencontre avec Gabby Williams et Dominique Malonga.

Le scénario avait été encore plus parlant le lendemain face à la Corée du Sud. Cette fois, les Françaises avaient été réellement mises en difficulté dans le premier quart-temps. Leur attaque cherchait des solutions et la Corée avait pris les devants. Johannès avait alors été l’une des principales actrices de la réaction française, inscrivant 14 points en huit minutes, avant de terminer la rencontre avec 17 points, 3 rebonds et 2 passes, à 4/7 derrière l’arc. Une performance récompensée par le titre de MVP du match.

Contre le Nigéria, enfin, la France n’a cette fois pas eu besoin d’être relancée. Mais Johannès a encore apporté la même efficacité : 17 points, 2 rebonds, 4 passes et 3 interceptions pour 22 d’évaluation. Trois matchs différents, donc, mais une influence qui se répète.

Marine Johannès avec l’équipe de France pendant la Coupe du Monde 2026
Crédit photo : FIBA

Un rôle qu’elle connaît et qu’elle accepte

Cette utilisation en sortie de banc n’a rien de nouveau pour Marine Johannès. Elle accompagne depuis plusieurs années son parcours avec l’équipe de France et la joueuse ne cherche plus à la définir comme un statut inférieur à celui d’une titulaire.

Auprès de Taille 6, elle résumait simplement sa manière d’aborder ce rôle : « C’est un rôle que j’accepte. C’est comme ça maintenant depuis quelques années. J’essaye, dès que je peux rentrer, d’apporter quelque chose de positif à l’équipe. »

C’est peut-être là que se trouve la meilleure définition de ce que lui demande aujourd’hui Jean-Aimé Toupane. Johannès n’a pas nécessairement besoin de commencer pour avoir un rôle majeur. Son importance se mesure davantage à ce qu’elle apporte lorsqu’elle entre et à la manière dont sa présence modifie immédiatement les possibilités offensives françaises.

Le basket européen a d’ailleurs déjà montré qu’un joueur pouvait occuper une place centrale sans figurer systématiquement dans le cinq de départ. Nando De Colo, pendant une grande partie de ses années au plus haut niveau européen, a parfaitement incarné ce type de rôle : sortir du banc sans que cela ne réduise en rien son importance dans l’équipe. La comparaison n’a pas vocation à aller beaucoup plus loin, mais elle rappelle une chose essentielle : être sixième joueuse ne signifie pas être une joueuse secondaire.

Marine Johannès sous le maillot de l’équipe de France
Crédit photo : FIBA

Des chiffres impressionnants, mais une influence qui ne s’y résume pas

Les statistiques de Johannès sur cette phase de groupes sautent évidemment aux yeux. Elle tourne à 17 points par match et affiche une adresse particulièrement élevée : 55,6 % au tir et surtout 52 % à trois points, avec plus de huit tentatives derrière l’arc par rencontre. Son efficacité globale atteint également 79,6 % de eFG% et 81,2 % de True Shooting.

Mais se limiter à ces chiffres ferait passer à côté d’une partie importante de son apport.

Marine Johannès représente d’abord une menace permanente au tir. Sa capacité à sanctionner très loin du cercle oblige les défenses à lui accorder une attention particulière. Cela crée de l’espace pour les autres, modifie la manière dont l’adversaire peut défendre et participe à ouvrir le jeu français.

Cette gravité existe même lorsqu’elle ne prend pas le tir. La défense sait qu’elle ne peut pas lui laisser trop d’espace, ce qui permet parfois à une coéquipière de profiter d’un décalage créé simplement par cette attention supplémentaire.

Et lorsque le ballon commence à circuler, Johannès possède aussi cette capacité à accélérer une séquence. Les Bleues l’ont montré à plusieurs reprises depuis le début du tournoi : lorsque leur jeu devient plus fluide, que les bonnes joueuses sont trouvées et que les tirs ouverts apparaissent, l’équipe de France peut rapidement devenir difficile à contenir. Johannès s’inscrit parfaitement dans cette logique.

Marine Johannès pendant la Coupe du Monde 2026
Crédit photo : FIBA

Plus mature, sans avoir perdu ce qui fait sa force

Son début de Coupe du Monde donne également une impression différente de certaines campagnes précédentes. Johannès reste cette joueuse capable de prendre un tir à très longue distance ou de faire basculer une séquence en quelques secondes, mais son jeu semble aujourd’hui davantage maîtrisé.

Elle le reconnaissait elle-même auprès de la FIBA : « Je suis plus mature aujourd’hui et je pense que cela se voit quand je suis sur le terrain. »

Cette maturité se retrouve notamment dans la manière dont elle semble accepter son rôle et intervenir dans les rencontres. Il n’est pas nécessaire pour elle d’avoir immédiatement beaucoup de ballons ou de chercher systématiquement à provoquer quelque chose. Elle peut attendre son moment, profiter du rythme créé par ses coéquipières, puis accélérer lorsqu’une situation se présente.

Cela correspond aussi au visage montré par la France depuis le début de la compétition. Face au Nigéria, les Bleues ont notamment insisté sur la circulation de balle, la patience et la recherche du meilleur tir. Johannès peut évidemment être celle qui termine ces séquences, mais elle est aussi capable d’en être l’un des relais.

Marine Johannès avec les Bleues pendant le Mondial 2026
Crédit photo : FIBA

Un rôle qui pourrait prendre encore plus d’importance

La phase de groupes est désormais terminée et c’est probablement maintenant que ce rôle va véritablement être testé.

Jusqu’ici, la France a largement dominé ses trois adversaires et Jean-Aimé Toupane a pu ouvrir son banc, répartir les minutes et faire travailler son équipe dans différentes situations. À partir des quarts de finale, les matchs devraient être plus serrés et les périodes difficiles plus nombreuses.

C’est dans ces moments qu’une joueuse capable de changer rapidement le rythme d’une rencontre peut devenir précieuse.

Marine Johannès l’a déjà fait face à la Hongrie. Elle l’a encore davantage montré lorsque la France était en difficulté face à la Corée du Sud. Et même lorsque les Bleues n’avaient pas besoin d’être sauvées face au Nigéria, elle a continué d’apporter la même menace et la même efficacité.

À l’heure d’entrer dans les matchs à élimination directe, la question n’est donc plus vraiment de savoir si Marine Johannès doit commencer les rencontres. Son rôle semble désormais clairement défini.

Elle entre, elle apporte quelque chose de différent, et elle oblige immédiatement l’adversaire à s’adapter. Après trois matchs, c’est peut-être tout simplement l’une des grandes forces de cette équipe de France.

EuroStep_FR