Un match à deux vitesses, mais toujours sous contrôle
La première mi-temps n’a pas été un long fleuve tranquille. La Chine a eu ses séquences, la France les siennes, et le rythme de la rencontre a parfois changé brutalement d’un côté à l’autre. Mais les Bleues ont toujours donné l’impression d’avoir davantage de réponses.
L’une des principales difficultés est venue de la taille chinoise. Avec une raquette difficile à attaquer et peu d’espaces près du cercle, la France a parfois dû vivre avec son adresse extérieure. Une dépendance qui pouvait inquiéter avant le match, mais qui n’a pas réellement posé problème : les Bleues ont une nouvelle fois sanctionné derrière l’arc, tout en restant capables de trouver des paniers proches du cercle lorsqu’elles prenaient le temps de construire.
Le ballon a bien circulé, les lectures ont été justes et la France a rarement forcé. À la pause, elle menait déjà 48-31, portée par Gabby Williams et Marine Johannès au scoring, mais surtout par une répartition offensive qui reste l’une des grandes forces de ce groupe. Les Bleues avaient déjà distribué 12 passes décisives, récupéré 7 ballons et n’en avaient perdu que 3.

La patience face à la taille chinoise
Le défi est devenu encore plus clair lorsque la Chine a tenté d’utiliser davantage la présence de Zhang et ses 2,23 mètres. Dès qu’elle était sur le terrain, la défense chinoise cherchait à fermer encore davantage la raquette, notamment en zone.
Côté français, plutôt que de s’obstiner à attaquer le cercle, les Bleues ont accepté de prendre ce que la défense leur donnait. Pauline Astier l’a parfaitement illustré à plusieurs reprises en passant le premier rideau avant de s’arrêter à deux ou trois mètres pour prendre un petit tir intermédiaire, plutôt que d’aller défier directement Zhang dans la peinture.
Ce type de séquence résume bien la deuxième mi-temps française : de la lecture, de la patience et une volonté de ne pas forcer le jeu. La France a continué à déplacer la défense, à identifier les mismatches et à attendre le bon moment pour attaquer.

Une adresse qui n’a plus rien d’un accident
Depuis le début de la compétition, l’adresse extérieure française pouvait encore être présentée comme une réussite ponctuelle, favorisée par des adversaires moins solides ou par des séries particulièrement favorables. Après ce quart de finale, l’argument devient de moins en moins crédible.
La France termine à 14/37 à trois points, soit 38 %, dans un match où la Chine a pourtant cherché à lui enlever l’accès à la raquette. Une nouvelle fois, les Bleues ont montré qu’elles pouvaient gagner en utilisant le tir extérieur comme une véritable arme, pas seulement comme un bonus.
Marine Johannès et Janelle Salaün terminent meilleures marqueuses françaises avec 15 points chacune, devant Gabby Williams à 14 et Leïla Lacan à 12. Derrière, la marque reste largement répartie. Ce partage rend l’équipe difficile à cibler : le danger ne vient pas d’une seule joueuse, ni même d’un seul profil.
Jean-Aimé Toupane continue toutefois d’insister sur la nécessité de trouver davantage d’alternance. L’idée est simple : l’adresse est une force, mais elle ne doit pas devenir une dépendance. Le jour où les tirs rentreront moins, la France devra pouvoir trouver d’autres réponses.

Une équipe qui avance avec de plus en plus de certitudes
La deuxième mi-temps a fini par faire disparaître les derniers doutes. La France a pris le contrôle total du match, continué de défendre avec activité et trouvé des solutions quel que soit la défense proposée en face.
Le score final, 90-61, traduit cette domination, mais il ne raconte pas tout. Ce quart de finale a surtout confirmé que les Bleues savent désormais gagner de plusieurs façons. Elles peuvent courir, défendre fort, jouer placé, punir à trois points, trouver des solutions face à une zone ou exploiter un avantage physique lorsqu’il se présente.
Depuis le début du tournoi, la France avance avec de plus en plus de certitudes. Son collectif est installé, les responsabilités sont partagées et le groupe semble savoir exactement ce qu’il veut faire. Il n’y a pas d’excès de confiance, mais une forme de sérénité liée à ce qui a déjà été construit.

Une demi-finale pour entrer encore davantage dans l’histoire
Avec cette victoire, l’équipe de France féminine se qualifie pour la première demi-finale de Coupe du Monde de son histoire.
La prochaine étape aura lieu samedi à 16h30, avec une occasion d’aller encore plus loin. Une victoire enverrait les Bleues en finale mondiale, ce qu’aucune équipe de France de basket 5x5, masculine ou féminine, n’a encore réussi à faire.

La France n’est plus simplement en train de réussir sa Coupe du Monde. Elle est désormais à un match d’un rendez-vous que le basket français n’a encore jamais connu.
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