Pendant une mi-temps, la France a regardé les États-Unis dans les yeux. Elle les a même fait douter, bousculant leur jeu et prenant jusqu’à onze points d’avance. Mais au retour des vestiaires, la puissance américaine a fini par tout emporter.
Vingt minutes pour croire à l’exploit
Dès l’entre-deux, les Bleues imposent le ton. Agressives sur les lignes de passe, mobiles et disciplinées, elles empêchent les Américaines de développer leur jeu habituel. Caitlin Clark et Napheesa Collier perdent plusieurs ballons, tandis que l’attaque américaine peine à trouver son rythme.
Gabby Williams donne l’impulsion, Marine Johannès et Janelle Salaün sanctionnent derrière l’arc et Dominique Malonga apporte immédiatement sa présence près du cercle. La France remporte logiquement le premier quart-temps 20-17. Le rêve prend encore davantage de consistance au début de la deuxième période. Carla Leite inscrit trois lancers francs, Valériane Ayayi frappe de loin, puis Leite ajoute un tir à mi-distance. À 8’14 de la pause, les Françaises comptent onze longueurs d’avance : 28-17.
Les États-Unis commencent toutefois à hausser le ton. Jackie Young accélère, Breanna Stewart retrouve son efficacité et l’écart retombe à six points, 33-27, à 5’40 de la mi-temps. Williams répond par un panier primé, Marième Badiane fait de même et Salaün redonne encore six longueurs d’avance aux Bleues à 49 secondes de la pause. Mais Caitlin Clark refuse de laisser la France rentrer aux vestiaires avec un matelas confortable. À trois secondes de la sirène, elle décoche un tir à trois points qui ramène Team USA à 45-43.

Le troisième quart-temps qui change tout
Au retour des vestiaires, le visage du match change brutalement. Stewart égalise après seulement onze secondes. Collier donne ensuite l’avantage aux Américaines. Ayayi ramène une dernière fois les deux équipes à égalité, 47-47, mais la machine américaine est désormais lancée.
Kahleah Copper frappe à trois points, Jackie Young attaque le cercle et les États-Unis infligent un 11-2 aux Bleues pour mener 54-47 après trois minutes trente. L’intensité défensive américaine monte d’un cran, les espaces disparaissent et chaque perte de balle française devient une occasion de courir.
Malonga tente de maintenir son équipe à flot. La jeune intérieure ramène la France à 55-51, puis à 58-53. À 1’31 de la fin du quart-temps, les Bleues restent encore à huit longueurs, 62-54. Mais la fin de période leur est fatale.
Rhyne Howard, Collier, Aliyah Boston et Copper creusent l’écart. Clark conclut la séquence sur un panier inscrit au moment de la sirène. En dix minutes, les États-Unis viennent de marquer 30 points et n’en ont encaissé que 12. Le score est passé de 43-45 à 73-57. Le rêve français vient de se fracasser contre un troisième quart-temps presque parfait de Team USA.

Malonga sonne la révolte
À l’entame de la dernière période, la montagne paraît immense. Caitlin Clark inscrit immédiatement un tir à trois points en reculant, avant que Stewart et Collier ne continuent de sanctionner la défense française. À moins de sept minutes du terme, l’écart atteint 27 points : 86-59. La finale semble terminée. Les Bleues refusent pourtant de renoncer.
Dominique Malonga prend alors le match à son compte. Un tir primé, plusieurs paniers près du cercle, un rebond offensif transformé en action à trois points : l’intérieure française inscrit 12 points dans ce seul dernier quart-temps. La remontée oblige les États-Unis à prendre un temps mort à cinq minutes de la fin, après un retour à 86-64.
Dans son sillage, la France continue de pousser. Gabby Williams distribue, Valériane Ayayi arrache un lancer franc et Marine Johannès ramène les Bleues à 88-74 à 2’38 de la sirène. En un peu plus de trois minutes, la France vient de produire un 15-2.
Mais l’espoir ne dure que quelques secondes. Sur l’action suivante, Kahleah Copper inscrit le tir à trois points qui coupe définitivement l’élan tricolore. Stewart ajoute deux lancers, Angel Reese marque près du cercle et Team USA contrôle les dernières possessions.

Stewart et Young ont puni les Bleues
Breanna Stewart termine meilleure marqueuse de la rencontre avec 22 points, auxquels elle ajoute 10 rebonds et 4 passes décisives. Une nouvelle performance de référence pour l’Américaine, qui conclut son tournoi en étant élue MVP de la Coupe du Monde. Jackie Young réalise également une finale complète avec 18 points, 6 rebonds et 5 passes, tandis que Kahleah Copper inscrit 15 points. Caitlin Clark et Chelsea Gray en ajoutent 12 chacune.
Côté français, Dominique Malonga confirme qu’elle représente déjà le présent autant que l’avenir des Bleues : 21 points et 6 rebonds, dont 12 points dans le dernier quart-temps. Gabby Williams compile 20 points, 7 passes décisives et 3 interceptions. Derrière ce duo, Valériane Ayayi marque 8 points, tandis que Janelle Salaün et Marième Badiane en inscrivent 7 chacune.
Marine Johannès, en revanche, n’a jamais véritablement trouvé son rythme. Limitée à 5 points et gênée par la pression américaine, elle n’a pas pu reproduire les performances offensives qui avaient accompagné le parcours français jusqu’à cette finale.

Une défaite historique malgré tout
Deux ans après la finale olympique de Paris, perdue 67-66 face aux mêmes Américaines, la France échoue une nouvelle fois aux portes de l’or. Cette fois, il n’y aura ni dernière possession décisive ni décision arbitrale à disséquer. Le match s’est joué dans le troisième quart-temps, lorsque les États-Unis ont imposé une intensité que les Bleues n’ont pas réussi à soutenir.
La douleur ne doit pourtant pas effacer la portée de ce parcours. Avant Berlin, la France n’avait plus atteint le dernier carré mondial depuis la toute première édition, en 1953, conclue par une médaille de bronze. Cette finale était donc la première de son histoire dans la compétition. L’argent décroché en Allemagne devient son meilleur résultat mondial.
Les États-Unis restent au sommet et décrochent un douzième titre mondial, leur cinquième consécutif. Leur domination se poursuit, mais les Françaises auront prouvé pendant vingt minutes qu’elles pouvaient les faire douter.
Pour les Bleues, il faudra désormais transformer cette médaille d’argent en point de départ. Leur prochain grand rendez-vous sera l’EuroBasket 2027, organisé du 16 au 27 juin en Belgique, en Finlande, en Lituanie et en Suède. Elles pourront y viser un troisième titre européen, après ceux remportés en 2001 et en 2009.

Puis viendront les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Une nouvelle occasion de défier les États-Unis, cette fois sur leur sol. L’Everest sera toujours là. Mais après Berlin, les Bleues savent désormais qu’elles peuvent commencer à en gravir les premières pentes.
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