Les propriétaires des clubs actionnaires de l’EuroLeague sont réunis en Italie pour l’un des rendez-vous les plus importants de ces dernières années. Alors que la NBA prépare l’arrivée de sa propre compétition européenne en 2027, l’EuroLeague doit étudier la proposition formulée par la ligue américaine, mais aussi avancer sur son propre projet de transformation. Alliance, concurrence, expansion : plusieurs chemins sont encore possibles.
Un rendez-vous loin d’être ordinaire
C’est sur les rives du lac de Côme, à Cernobbio, que les propriétaires des 13 clubs actionnaires de l’EuroLeague se retrouvent cette semaine. Le programme doit débuter par un dîner ce lundi soir, avant une véritable séance de travail mardi matin. Un cadre prestigieux pour une réunion dont les conséquences pourraient se faire ressentir pendant de nombreuses années sur le basket européen.
Autour de la table, on retrouvera certains des dirigeants les plus influents du continent. Les frères Angelopoulos pour l’Olympiakos, Dimitris Giannakopoulos pour le Panathinaïkos ou encore Joan Laporta pour le FC Barcelone sont notamment attendus. Le Real Madrid doit également être représenté. Contrairement à ce que l’importance du dossier pourrait laisser penser, ni la NBA ni la FIBA ne doivent participer directement à cette réunion.
Car ce sommet est avant tout celui des propriétaires de l’EuroLeague. Ils devront définir ensemble la direction qu’ils souhaitent donner à leur compétition, à moins d’un an du lancement prévu de la NBA Europe. Et si la proposition américaine occupera forcément une place importante dans les discussions, elle n’est pas le seul sujet à l’ordre du jour.

La NBA Europe, l’éléphant au milieu de la pièce
Depuis plusieurs mois, la NBA ne cache plus son ambition. En collaboration avec la FIBA, elle travaille sur une nouvelle compétition européenne dont le lancement est actuellement envisagé pour octobre 2027. Le projet évoqué jusqu’ici repose sur 16 équipes, dont 12 permanentes et quatre places accessibles par le mérite sportif. De grands marchés européens comme Madrid, Barcelone, Paris, Londres ou encore l’Italie et l’Allemagne font partie des territoires ciblés.
Mais la NBA a également ouvert la porte à une collaboration avec l’EuroLeague. Une proposition formelle a été transmise ces dernières semaines afin d’étudier la possibilité de construire le futur projet avec la principale compétition européenne actuelle plutôt que directement contre elle. Les détails financiers et structurels de cette proposition n’ont pas été rendus publics et les différentes sources divergent encore sur sa nature exacte.
Une chose semble toutefois ressortir à la veille de la réunion : le rapprochement est loin d’être acquis. Plusieurs médias européens rapportent que la proposition actuelle ne satisferait pas les propriétaires de l’EuroLeague. Cela ne signifie pas que les discussions sont définitivement terminées, mais le scénario d’une NBA Europe lancée parallèlement à l’EuroLeague est désormais une possibilité très concrète.

L’EuroLeague prépare déjà son propre futur
Face à l’arrivée de la NBA, l’EuroLeague ne compte pas rester immobile. Depuis plusieurs mois, son CEO Chus Bueno travaille sur une transformation profonde de la compétition. L’un des projets étudiés prévoit notamment un passage à 24 équipes à partir de la saison 2027-2028, soit au moment même où la NBA Europe doit faire ses débuts.
L’autre changement majeur concernerait la structure de la compétition. Les licences de longue durée pourraient progressivement laisser place à un véritable modèle de franchises permanentes. Aux 13 clubs actuellement actionnaires pourraient alors venir s’ajouter jusqu’à huit nouvelles franchises. Plusieurs candidats se sont déjà positionnés : Paris Basketball, Valencia Basket, Dubai Basketball, Partizan, Étoile Rouge, Virtus Bologna, Hapoel Tel Aviv ou encore London Lions figurent parmi les projets évoqués.
Selon les informations sorties ce lundi en Espagne, Valencia, Paris et Dubai apparaissent notamment bien placés si les propriétaires décident d’avancer dès cette réunion sur l’attribution de nouvelles places permanentes. Mais même sur ce sujet, le consensus n’est pas assuré. Certains propriétaires souhaiteraient d’abord réformer le fonctionnement interne et harmoniser la situation des membres actuels avant d’ouvrir davantage le capital et la compétition à de nouveaux entrants.
L’enjeu dépasse donc largement la simple question du nombre d’équipes. L’EuroLeague doit décider quel modèle économique et sportif elle souhaite défendre au moment où un nouvel acteur disposant de la puissance commerciale de la NBA s’apprête à entrer directement sur son marché.

Quels scénarios après la réunion ?
Premier scénario : un rapprochement entre l’EuroLeague et la NBA. Les propriétaires pourraient considérer qu’un accord reste possible et décider de poursuivre les négociations. La NBA Europe pourrait alors s’appuyer, totalement ou partiellement, sur les clubs, la marque et l’organisation déjà existante de l’EuroLeague. Ce scénario éviterait surtout de voir deux compétitions majeures tenter d’attirer simultanément les mêmes clubs, joueurs, diffuseurs, sponsors et investisseurs. Mais à ce stade, les modalités d’une telle alliance restent largement à définir.
Deuxième scénario : l’EuroLeague refuse la proposition et accélère son propre projet. C’est l’hypothèse qui prend actuellement de l’épaisseur. L’EuroLeague pourrait confirmer son passage à 24 équipes, renforcer son modèle de franchises et verrouiller plusieurs marchés stratégiques avant le lancement de la NBA Europe. À partir de 2027, le continent pourrait alors se retrouver avec deux compétitions concurrentes : l’EuroLeague d’un côté, la NBA Europe soutenue par la FIBA de l’autre. Commencerait alors une bataille pour attirer les clubs les plus puissants et conquérir les marchés européens les plus importants.
Troisième scénario : aucune rupture immédiate. La réunion de Côme pourrait également ne produire aucune décision définitive concernant la NBA. Les propriétaires peuvent avancer sur la transformation de leur propre compétition tout en maintenant un canal de négociation avec la ligue américaine. Les deux projets continueraient alors à progresser en parallèle jusqu’à ce qu’un accord devienne possible… ou que la séparation soit définitivement actée.

Une semaine qui pourrait changer beaucoup de choses
Il ne faut donc pas nécessairement attendre mardi matin l’annonce spectaculaire d’une fusion ou d’une guerre ouverte. Mais les décisions prises au lac de Côme pourraient permettre de comprendre dans quelle direction se dirige désormais le basket européen.
Le calendrier rend le rendez-vous encore plus important. La NBA Europe vise toujours un lancement en octobre 2027 et la NBA doit justement communiquer publiquement cette semaine sur l’avancement de son projet. De son côté, l’EuroLeague doit préparer sa propre transformation pour la saison 2027-2028.

À un peu plus d’un an de cette échéance, le temps commence à manquer pour trouver un terrain d’entente. Le lac de Côme pourrait ne pas donner toutes les réponses. Mais il pourrait bien déterminer si l’EuroLeague et la NBA construiront le futur du basket européen ensemble… ou l’une contre l’autre.
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