À quelques jours du coup d’envoi de la saison régulière, un nouveau trophée s’apprête à faire son apparition dans le paysage du basket européen. Ce soir et demain, Olympiacos, Fenerbahçe, le Real Madrid et Dubai Basketball se retrouvent à l’Etihad Arena d’Abu Dhabi pour disputer la toute première EuroLeague Basketball SuperCup. Deux jours de compétition et surtout une place encore vierge au palmarès d’un tournoi qui ambitionne de s’installer dans le calendrier.

Pour cette première édition, l’EuroLeague a réuni un plateau prestigieux. Olympiacos arrive avec le statut de champion d’Europe en titre, accompagné du Real Madrid, son finaliste en 2026. Fenerbahçe, champion en 2025, est également présent, tandis que Dubai Basketball complète le tableau en tant que représentant des Émirats arabes unis. Quatre équipes aux situations différentes, mais avec un même objectif : devenir le premier club à soulever ce nouveau trophée.
Un nouveau rendez-vous pour ouvrir la saison
Annoncée en août par l'EuroLeague, la SuperCup doit devenir un nouveau rendez-vous annuel placé au début de la saison européenne. Son format s'inspire de celui d’un Final Four : deux demi-finales le vendredi, puis un match pour la troisième place et une finale le samedi.
Cette création s’inscrit également dans le rapprochement entre l’EuroLeague et Abu Dhabi. L’Etihad Arena avait déjà accueilli le Final Four 2025, première phase finale de l’histoire de la compétition organisée au Moyen-Orient, avant la signature d’un partenariat de plusieurs années entre les différentes parties.
Pour Nicolo Melli, le retour dans cette salle fait forcément remonter quelques souvenirs. C’est ici qu’en mai 2025, Fenerbahçe avait battu Monaco pour décrocher son deuxième titre européen. « Quand je suis entré dans la salle, j’ai eu l’impression que c’était hier », raconte l’intérieur italien. « Nous avons gagné l’EuroLeague ici, j’en garde de très bons souvenirs. C’est un endroit spécial pour moi. » Seize mois plus tard, le Fenerbahçe qui revient à Abu Dhabi a pourtant profondément changé.

Un trophée inédit, mais déjà pris au sérieux
La SuperCup ne possède encore ni palmarès, ni histoire sur laquelle s’appuyer. Elle arrive également très tôt dans la saison, alors que les automatismes sont encore en construction et que certains groupes ne travaillent au complet que depuis quelques jours.
Pour autant, les joueurs présents à Abu Dhabi refusent d’en faire un simple tournoi de préparation. « C’est important de bien commencer. C’est un tout nouveau trophée », rappelle Melli, qui y voit également une première occasion de se confronter à une opposition du plus haut niveau.
Le discours est similaire au Real Madrid. Pour Théo Maledon, le moment de l’année ne change pas réellement l’approche du club. « Chaque fois que nous avons l’occasion de gagner quelque chose en tant que Real Madrid, c’est quelque chose que nous voulons faire. Nous abordons ça comme si c’était une finale. »
Au-delà du trophée, la SuperCup constitue donc un premier test grandeur nature. Une occasion particulièrement intéressante après un été durant lequel les quatre participants ont connu de nombreux changements.

Des équipes encore en construction
Fenerbahçe en est probablement le meilleur exemple. Neuf nouveaux joueurs ont rejoint l’effectif, parmi lesquels Shane Larkin. Après huit saisons, deux EuroLeague remportées et un statut de figure emblématique à l’Anadolu Efes, l’Américano-Turc a traversé Istanbul pour rejoindre l’un des grands rivaux de son ancien club.
Il découvre également le fonctionnement de Sarunas Jasikevicius, avec des rotations différentes et un système moins dépendant d’un seul créateur. Dans ce contexte, remporter un trophée dès septembre pourrait accélérer la construction du nouveau groupe.
« Cela nous donnerait ce boost de confiance dont on a besoin quand on commence une saison avec beaucoup de nouveaux joueurs », estime Larkin. « Si nous pouvons jouer contre d’autres clubs d’EuroLeague qui ont beaucoup d’expérience et repartir d’ici avec un trophée, ce serait important pour nous. »
Le Real Madrid connaît lui aussi de nombreux changements, avec sept nouveaux joueurs et l’arrivée de Pedro Martínez sur le banc. Après une première saison sous le maillot madrilène, Théo Maledon fait désormais partie des joueurs connaissant déjà les exigences du club. Le Français a également vu arriver deux de ses compatriotes, Olivier Sarr et Timothé Luwawu-Cabarrot, avec lesquels il entretenait déjà des liens avant leur arrivée à Madrid.

Olympiacos doit (presque) repartir de zéro
La situation est différente au Pirée. Olympiacos arrive avec le statut de champion d’Europe, mais doit lui aussi reconstruire une partie de son équilibre. Thomas Walkup, Frank Ntilikina et Monte Morris ont notamment quitté l’équipe, tandis que Codi Miller-McIntyre et Jean Montero ont rejoint le club.
Arrivé seulement en janvier dernier pour découvrir l’EuroLeague à 35 ans, Cory Joseph se retrouve ainsi être le meneur présent depuis le plus longtemps dans l’effectif actuel. Avec plus de 800 rencontres NBA derrière lui, le Canadien apporte son expérience à un backcourt largement renouvelé.
Surtout, il refuse de considérer le titre de 2026 comme autre chose qu’un point de départ. « Chaque saison est nouvelle », insiste Joseph. « Nous avons atteint le sommet l’année dernière, mais nous devons réinitialiser nos esprits et attaquer cette saison avec la même agressivité et la même mentalité, parce qu’il est encore plus difficile de gagner deux fois de suite. »

Deux affiches pour lancer l’histoire
Le premier billet pour la finale se jouera entre les deux derniers champions d’Europe. Champion en 2025, Fenerbahçe retrouvera Olympiacos, qui lui a succédé au palmarès quelques mois plus tard. Une affiche qui possède déjà une histoire récente puisque les Grecs avaient mis fin aux espoirs de doublé du club stambouliote lors du Final Four 2026.
Quelques heures plus tard, Dubai Basketball affrontera le Real Madrid. Pour le club émirati, cette SuperCup disputée à domicile constitue une occasion de lancer sa saison face à l’une des références historiques de la compétition. Madrid pourra de son côté mettre pour la première fois à l’épreuve le projet de Pedro Martínez dans une rencontre officielle.
Les vainqueurs se retrouveront samedi soir pour la finale, avec la possibilité de réaliser quelque chose qu’aucune équipe n’a encore accompli. Pas parce que le trophée leur a toujours échappé, mais simplement parce que personne n’a encore eu l’occasion de le gagner.

Une première ligne à écrire
Il faudra du temps avant de savoir quelle place prendra réellement la SuperCup dans le paysage du basket européen. Son prestige ne peut pas se décréter en une édition et se construira au fil des années, des équipes qui la remporteront et des histoires qui finiront par s’y attacher.
Pour ses débuts, elle offre néanmoins ce que le mois de septembre propose rarement : plusieurs des meilleures équipes du continent réunies avec un véritable trophée au bout. Pour des effectifs encore en construction, l’occasion est également idéale de transformer plusieurs semaines de préparation en un premier résultat concret.

Ce soir, quatre clubs entreront ainsi sur le parquet de l’Etihad Arena face à un palmarès encore totalement vierge. Dans vingt-quatre heures, il ne le sera plus. Olympiacos, Fenerbahçe, le Real Madrid ou Dubai Basketball aura alors gagné le premier trophée de cette nouvelle compétition et inscrit son nom sur la toute première ligne de l’histoire de l’EuroLeague Basketball SuperCup.
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